« Le nouveau gouvernement et sa ministre de la Santé doivent démontrer très rapidement le sérieux de leurs engagements envers le personnel de la santé et envoyer un message très fort aux directions générales des établissements de santé. »
Claire Montour,
présidente de la Fédération de la
Santé du Québec (FSQ-CSQ)

Le décompte est lancé…

Ça y est. Le premier ministre François Legault a enfin formé son gouvernement. Le Québec a une nouvelle ministre de la Santé, Danielle McCann, qui a devant elle d’énormes défis à relever pour remplir les engagements de son parti et sortir notre système de santé de la crise.

Des gestes urgents à poser

La ministre doit agir d’autant plus rapidement que cette profonde crise a déjà trop duré.

Elle doit poser les gestes nécessaires pour soulager dès maintenant ces milliers de travailleuses et de travailleurs de la santé qui croulent sous le poids de la tâche et qui peinent à assurer des soins sécuritaires et de qualité.

La CAQ a fait de nombreuses promesses en santé. Si le gouvernement est sérieux dans sa volonté d’améliorer les services à la population, nous sommes prêts à travailler à l’amélioration des conditions de travail qui permettront d’assurer l’accessibilité et la qualité des soins recherchées.

Pour atteindre ces objectifs communs, le gouvernement doit réaliser quatre actions fondamentales et urgentes afin de rendre les conditions de travail plus humaines et mettre fin à l’épuisement professionnel.

Des demandes pleines de bon sens

Voici ce que nous lui demandons de réaliser dans les 100 premiers jours de son mandat :

  1. Rehausser et stabiliser dès maintenant le financement des établissements de santé afin qu’ils puissent afficher des postes à temps complet décents et attrayants, et corriger de façon durable les problèmes de pénurie qui accablent notre réseau de santé.

    • La CAQ s’est engagée à fournir un niveau de financement stable. Mais cela est insuffisant. Il faut également un financement adéquat, c’est-à-dire à la hauteur des besoins. À titre d’exemple, le nombre d’embauches requis pour maintenir le niveau de services actuel et combler les nouveaux besoins est estimé à 4 687 infirmières en 2018-2019.
  2. Décentraliser la gestion des ressources humaines, redonner aux différents milieux de travail la capacité de gérer les horaires de travail en fonction des besoins spécifiques et de la réalité de chaque milieu, et cesser la gestion des horaires en ayant recours de façon systématique au temps supplémentaire.

    • LA CAQ s’est engagée à décentraliser le réseau de la santé et à redonner plus d’autonomie aux régions, aux usagers, aux gestionnaires et aux conseils d’administration des établissements. Voilà l’occasion, dès maintenant, de redonner aux milieux de travail les moyens et la capacité de mieux planifier et gérer les ressources humaines. Nous attendons des changements dans ce sens.
  3. Émettre une directive ministérielle interdisant les exigences indécentes de flexibilité et de mobilité (disponibilité sur trois quarts de travail, dans de nombreux centres d’activités, jusqu’à 120 kilomètres du domicile malgré la fatigue et des conditions routières parfois périlleuses). Nous lui demandons d’être cohérent dans sa volonté de contrer l’épuisement professionnel en posant ce geste concret afin de rétablir la confiance du personnel qui a été hautement ébranlée au cours des derniers mois.

    • La CAQ s’est engagée à ouvrir des postes d’infirmières à temps complet, à abolir le temps supplémentaire obligatoire, à poursuivre les 17 projets-pilotes sur les ratios de patients par infirmière, à décloisonner la pratique médicale pour permettre aux professionnels de la santé d’utiliser toutes leurs compétences et à valoriser le travail des infirmières auxiliaires et des proposés aux bénéficiaires. Nous attendons impatiemment des mesures rapides et très concrètes.
  4. Adopter une loi-cadre visant à promouvoir et à soutenir la conciliation famille-travail-études.

    • La CAQ n’a pris aucun engagement à cet effet. Or, les horaires atypiques, les heures supplémentaires obligatoires, la mobilité croissante sur de vastes territoires, les exigences de formation continue, les vacances déplacées, les demandes de congés refusées, etc. sont autant d’éléments qui rendent difficile, voire impossible, un équilibre entre la vie personnelle et professionnelle.

Le personnel est le cœur de notre système public de santé et de services sociaux. Il est un acteur incontournable dans la prestation de soins sécuritaires et de qualité. Notre volonté est de lui redonner des conditions de travail plus humaines qui lui permettront d’assumer adéquatement ses responsabilités professionnelles.

Le gouvernement de la CAQ doit avoir le courage de prendre des actions audacieuses pour sauver notre système public de santé dans l’intérêt de toutes et de tous. Il a l’opportunité d’incarner le vrai changement, MAINTENANT !

Cette infolettre est la première d’une série visant à suivre de près les actions de la CAQ en santé dans les 100 premiers jours de son gouvernement.